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26/10/2018 - Articles

Prendre en main son destin... ou pas

Prendre en main son destin... ou pas

Ah si les gens pouvaient changer plus vite ! Le manager qui fait une remarque à un de ses collaborateurs, le parent à son enfant, le formateur à un participant… en rêvent. Donner un conseil, un encouragement, une correction ou un ordre… et hop, c’est fait, la personne intègre.

Faire son deuil de la solution miracle

Malheureusement, nous savons tous que ce n’est pas comme cela que cela se passe. Depuis les années 50/60, on nous conseille de donner du feed back pour faciliter le changement et à en croire les adeptes de la systémique, les livres de management et les coachs, la personne qui reçoit un feed back va corriger de manière quasiment magique son comportement !

Il suffit de taper « feed back » sur Google pour découvrir 1001 tutoriels pour savoir « comment donner un feed back constructif » ou de jolis goodies pour visualiser la démarche. Cette image idyllique se heurte malheureusement à la réalité. La pratique est moins convaincante que la théorie. Les études montrent que 1/3 des feed back ont un effet contraire à celui attendu et plus de 70 % de ceux-ci n’ont pas d’impact significatif… Ne reste donc que 20% de feed back avec un impact positif.

Face à ce constat, nous pouvons soit abandonner cette pratique (c’est ce que font les entreprises qui abandonnent les évaluations) ou s’interroger sur les éléments qui font les 20% de feed back efficaces.

En fait, l’efficacité magique du feed back repose sur une vision erronée et simpliste de l’humain. Il est naïf de croire qu’un seul paramètre puisse avoir un tel impact sur nos comportements. De fait, la personnalité, la motivation et notre capacité à nous adapter reposent sur une multitude de déterminants dont la recherche est loin d’avoir fait le tour.

Parmi ceux-ci, je voudrais mettre l’accent sur un dont l’origine se perd dans la nuit des temps mais dont la traduction psychologique reste relativement peu connue du grand public.

Suis-je un homme libre ou suis-je le jouet du destin ?

Derrière cette alternative aussi ancienne que la philosophie, se cache une notion développée par Julian B. Rotter dans les années qui suivirent la deuxième guerre mondiale : le Locus of control (LOC). Ce chercheur s’interroge sur la capacité d’un individu à identifier les causes et les conséquences de ses propres comportements. Concrètement, quelles sont les raisons qui expliquent le fait de trouver un emploi  ou pas, si je suis au chômage. La seconde question qu’il se pose est celle du renforcement. Autrement dit, dans quelle mesure vais-je reproduire un comportement si celui est perçu comme pertinent ?

Une analyse rationnelle et à froid nous invitera à dire que le fait de trouver un emploi est directement en lien avec le fait d’avoir un diplôme et une expérience dans le domaine, de postuler activement etc. Pourtant, à chaud, nombre d’entre nous diront que c’est la chance (ou la malchance) qui entre en jeu.

S’il est évident qu’une part d’aléatoire entre dans l’équation, il est rare de trouver le job de ses rêves sans effort et sans avoir de compétence ! Il n’empêche, nombre de personnes font confiance au destin, à la chance, à leur bonne étoile etc.

Locus externe ou interne ?

Sur base de cette expérience, J. B. Rotter a décrit le locus de contrôle comme la tendance qu’ont les personnes à considérer que les évènements qui les affectent sont le résultat de leur action ou au contraire la conséquence de facteurs externes sur lesquels ils n’ont que peu ou pas d’influence comme la chance, le hasard, l’état… Rotter fera la différence entre le LOC interne (j’ai une influence sur ce qui m’arrive) et le LOC externe (je suis le jouet de « forces » qui me dépassent). Naturellement, entre ces deux extrêmes, il est possible d’imaginer une série de nuances que différents questionnaires s’efforcent d’objectiver.

Sans entrer dans trop de détails, il est important de savoir que le LOC d’une personne est relativement stable dans le temps et l’espace. Autrement dit, si vous avez une LOC plutôt interne cela ne va pas changer du jour au lendemain et vice et versa !

Par ailleurs, le fait d’avoir un LOC plutôt qu’un autre va également influer sur ma dynamique d’action et ma capacité à m’adapter au changement. Si je suis le jouet du destin, pourquoi sortir de chez moi pour chercher un travail, pourquoi faire évoluer mes comportements quand je reçois un feed back ? A l’inverse, si j’ai le sentiment d’être capable d’agir et d’influer sur ma vie, je serai également en mesure de prendre des décisions.

A titre d’exemple, on observe une importante corrélation entre un locus interne et la performance au travail… vous aurez compris pourquoi !

Conclusion

Cela signifie-t-il qu’un feed back est systématiquement efficace quand quelqu’un a un LOC interne et inefficace sur un LOC externe ? Naturellement, non ! par contre, n’hésitez pas interroger votre interlocuteur afin de savoir à quoi il attribue les évènements qu’il vit et cela pourra orienter votre manière d’entrer en dialogue avec lui.

 

Pierre Vandenheede Pierre Vandenheede

 

 

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